Vous retrouverez ici les textes et les prières publiés chaque weekend sur notre feuille paroissiale. Et puis aussi quelques informations sur la vie de nos paroisses. Et, pourquoi pas, un peu d'humour et de détente !
Se convertir à la pauvreté
1 - L’humilité par rapport à la pauvreté
La question de la pauvreté doit être abordée avec beaucoup d’humilité :
- La plupart d’entre nous, laïcs, nous n’avons pas fait le choix radical de la pauvreté.
- Pour plus d’un milliard d’hommes aujourd’hui, la question est d’abord de sortir de la misère. Il convient de distinguer pauvreté et misère. La misère est toujours subie et elle doit être combattue. Elle est dégradante pour l’homme. La pauvreté peut être choisie, elle peut avoir du sens. La pauvreté n’est jamais de renoncer à lutter contre la misère.
La finance moderne induit deux risques : l’individualisme et le raccourcissement du temps. Face à l’argent, nous vivons dés lors deux déficits : le déficit de solidarité et le déficit de finalité.
2 - Le déficit de solidarité
L’argent nous pose nécessairement la question du partage. Quelle est la juste utilisation de mes revenus et de mes biens ? Comme le disait Charles Colton, prêtre anglais : « Nos revenus sont comme nos chaussures : s’ils sont trop petits, ils nous compriment, s’ils sont trop grands, ils nous font trébucher ».
- Il y a d’une part le « partage forcé » par l’impôt. L’impôt a du sens. Il a une valeur civique et une valeur de partage.
- Il nous faut surtout nous interroger sur la place que nous laissons au partage volontaire. Quel est le solde disponible pour le partage dans mes revenus ? L’Eglise affirme avec force le principe de destination universelle des biens, mais elle propose encore peu de repères pratiques pour fixer ce solde qui est laissé à mon juste arbitre.
3 - Le déficit de finalité
Le problème du sens se pose de plus en plus. En l’absence de réponse et même de recherche sur le sens de ma vie, le moment présent devient la seule référence. La question fondamentale est : Où est mon trésor ? Pour Judas, la vie paraît vide. Il comble ce vide par l’argent. Quel projet donne sens à mon argent ? Cette question est bien sûr individuelle, mais elle se pose aussi pour les entreprises. Pour Henri Ford, le profit est bien sûr nécessaire à la survie de l’entreprise, mais il affirme aussi que si le profit le seul objectif de l’entreprise, elle ne peut que mourir.
Conclusion : de la pauvreté matérielle à la pauvreté spirituelle
Nous n’avons pas tous fait le choix radical de la pauvreté matérielle. Mais tous, nous sommes appelés à combler nos déficits de solidarités et de finalité. C’est là une conversion à une certaine pauvreté matérielle. Mais quelle que soit la forme de notre pauvreté, elle prend sens dans une pauvreté spirituelle. Le pauvre est celui qui accepte de s’abandonner progressivement à Dieu, tel Saint François d’Assise dans sa prière :
O Seigneur, que je ne cherche pas tant à être consolé qu'à consoler, à être compris qu'à comprendre, à être aimé qu'à aimer. Car c'est en se donnant qu'on reçoit, c'est en s'oubliant qu'on se retrouve.
François VILLEROY de GALHAU, Administrateur des Semaines Sociales de France
(Extrait d’une conférence donnée à St Philippe du Roule, à Paris, en janvier 2003)