Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Vous retrouverez ici les textes et les prières publiés chaque weekend sur notre feuille paroissiale. Et puis aussi quelques informations sur la vie de nos paroisses. Et, pourquoi pas, un peu d'humour et de détente !

Publicité

La valeur irremplaçable de l'instant présent

13 mai 2007 - 6ème Dimanche de Pâques

La valeur irremplaçable de l'instant présent

par le P. Descouvemont

Qu'est-ce qui peut aider le plus efficacement un chrétien à ne pas se laisser emporter par des ruminations stériles ou des inquiétudes fébriles ? La conviction que l'instant présent a une valeur unique, irremplaçable, qu'il est un présent royal que Dieu me fait et que je dois accueillir avec action de grâce. L'instant présent est le seul moment ou je puis en toute vérité aimer Dieu et mon prochain. N'est-il pas, avec l'heure de ma mort, le moment le plus important de mon existence, le moment pour lequel je supplie la Vierge dans chaque Ave ?

« Qui a l'instant présent a Dieu, disait Thérèse d'Avila. Et qui a Dieu a Tout ».

Être présent à Dieu qui nous est présent dans l'instant présent, c'est tout un programme.

Pour mieux le réaliser, rappelons-nous qu'une seule secon­de de véritable attention à Dieu, de confiance en Lui, peut réparer des années entières d'indifférence, d'orgueil ou de lâcheté. C'est ce qui s'est produit chez celui que nous appe­lons le Bon Larron : en un instant le Seigneur a converti son coeur.

De même, une seconde d'attention à un être peut créer entre lui et moi une communion, faire naître une sympathie toute nouvelle. Lorsque j'entre dans une vraie relation avec quelqu'un, lorsque je deviens réellement son prochain, ce qui est la façon authentique de l'aimer, je crée quelque chose d'original et je permets au Seigneur de s'insérer davantage dans le monde : Ubi caritas, Deus ibi est (Là où règne la charité, là règne Dieu).

Pour ce faire, il est indispensable de lutter contre la mentalité comptable qui trop souvent nous empêche de vivre. Nous avons trop tendance à mesurer la valeur d'une journée à la quantité d'activités que nous avons accomplies, à la besogne que nous avons abattue ! Autrement dit, nous sommes tentés d'estimer une journée « réussie » lorsque nous avons pu y accumuler idées, rencontres, travaux, succès ou argent, alors qu'en nous contentant d'être disponibles à l'événement, attentifs à Dieu et aux autres, nous l'avons bien utilisée, même si nous ri avons pas pu accomplir la moitié du travail prévu.

La qualité de la vie dont on parle tant, c'est d'abord, pour nous chrétiens, vivre paisiblement chaque instant de notre existence comme un moment unique où le Père veut nous gâter et où nous pouvons rendre le monde éternellement plus beau. «  Chaque instant, disait Lacordaire, vient à nous avec un ordre de Dieu. » Nous pouvons dire pareillement qu'il vient à nous avec un don de Dieu. A nous de ne pas le laisser passer! Peu importe si l'emballage du cadeau est parfois déconcertant, « car un léger moment d'affliction nous vaut un poids extraordinaire de gloire éternelles (2 Co 4, 17).

Nous devons donc éliminer de notre coeur le désir d'avoir terminé notre travail avant même de l'avoir commencé. La frénésie de la vitesse est finalement le refus de notre condition de créature, une condition soumise à la loi de maturation. Nous ne sommes pas Dieu. Il nous faut du temps - et souvent beaucoup de temps - pour faire quelque chose. D'ailleurs Dieu Lui-même, sauf exception, sauf miracle, prend habituellement beaucoup de temps pour construire ses chefs-d'oeuvre. II a préparé pendant des milliards d'années la venue de son Fils parmi les hommes. Et, quand Il est venu parmi nous, le Fils unique Lui-même s'est soumis à la loi du temps : à Nazareth, pendant trente ans, Il a appris son métier d'homme. Alors, pourquoi vouloir aller plus vite que Dieu ? «Toute hâte vient du diable», disait un vieux proverbe.

«C'est inouï ce que l'on peut faire avec le temps, écrivait Lacordaire, quand on a la patience d'attendre. »

Nous devons combattre aussi l'impression si fréquente de vivre des temps morts, inintéressants et inefficaces, alors que nous pouvons profiter d'une attente à un feu rouge, à un guichet ou à notre téléphone pour nous replonger en Dieu et nous laisser envahir par son Esprit. Il faudrait profiter de toutes les minutes creuses de notre vie pour rejoindre Dieu dans la cellule intérieure de notre âme, en Lui redisant avec joie :

Ô Toi qui es chez Toi tout au fond de mon coeur Fais-moi me perdre en Toi tout au fond de mon coeur

C'est ce que le frère Laurent de la Résurrection, ce mer­veilleux carme cuisinier du XVIIème siècle appelait la méthode des «plongées spirituelles». Alors le match de notre vie deviendrait passionnant et les «arrêts de jeu» n'apparaîtraient plus comme des «temps morts». Comment une seule seconde de notre vie pourrait-elle être un temps mort, alors que la volonté du Père est de nous créer et de nous recréer à chaque seconde pour modeler peu à peu notre visage d'éternité ?

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article