Vous retrouverez ici les textes et les prières publiés chaque weekend sur notre feuille paroissiale. Et puis aussi quelques informations sur la vie de nos paroisses. Et, pourquoi pas, un peu d'humour et de détente !
Un certain nombre de chrétiens pensent et disent qu’il est possible d’être chrétiens en adoptant la croyance à la réincarnation. Qu’en est-il? La réponse à cette question, nous la trouvons en Celui que nous célébrons au temps pascal: Jésus mort et ressuscité.
La réincarnation est la doctrine selon laquelle les hommes, à leur mort, continuent de vivre en d'autres hommes, et même, selon certains courants, dans des animaux, des végétaux ou des minéraux.
Il faut le dire clairement: entre la résurrection de Jésus et la réincarnation, il y a une totale incompatibilité. Un des critères sûrs pour reconnaître si un groupe est authentiquement chrétien est de savoir s'il adhère ou non à la réincarnation. S'il y adhère, ce groupe ne peut pas être dit chrétien. Car le coeur de la foi chrétienne est la résurrection de Jésus, qui n'a rien à voir avec la réincarnation.
La résurrection de Jésus n'a pas été un retour à sa vie d'avant sa mort. Elle n'a pas été une réanimation comme ce fut le cas pour Lazare, qui dut ensuite mourir à nouveau. Elle n'a pas été non plus une réincarnation. Jésus n'a pas recommencé à vivre dans un autre être appelé lui aussi à mourir. Jésus ressuscité ne meurt plus. Sur lui la mort n'a plus aucun pouvoir (Rm 6, 9). Or la réincarnation n'est pas une victoire sur la mort. Elle est une suite ininterrompue de vies sur lesquelles la mort est sans cesse victorieuse. La Vie de Jésus ressuscité est la Vie en Dieu, la Vie éternelle, et non la vie d'un autre être mortel dans lequel il se serait réincarné.
Dans cette Vie qui ne peut plus mourir, Jésus est entré avec son corps. La réincarnation fait du corps une sorte de vêtement qu'on peut quitter pour prendre celui d'un autre être. Elle établit une coupure entre l'âme et le corps. Elle comporte en définitive un grand mépris pour le corps. Tout se passe comme si le corps ne faisait pas vraiment partie de notre personne. Jésus n'a pas laissé son corps dans le tombeau pour revêtir le corps d'un autre être. Il est entré dans la Vie de Dieu avec son corps, celui avec lequel il est né de la Vierge Marie, a vécu en Palestine, a souffert, est mort sur la croix. Il garde dans son corps ressuscité les plaies de sa passion et de sa crucifixion.
En un temps où le corps humain est à la fois idolâtré et méprisé, où l'on fait tout pour l'entretenir et où on le tue de plus en plus, y compris par l'avortement, où certains le gavent tandis que d'autres meurent de faim, où on va de plus en plus vers des pratiques eugéniques tandis que sont marginalisés les laissés pour compte de notre société, la résurrection de Jésus manifeste envers et contre tout que l'homme tout entier est un être dont on n'a pas le droit de faire ce qu'on veut.
Don Vincent Clavery, Curé