Vous retrouverez ici les textes et les prières publiés chaque weekend sur notre feuille paroissiale. Et puis aussi quelques informations sur la vie de nos paroisses. Et, pourquoi pas, un peu d'humour et de détente !
Les miracles des évangiles ?
Au siècle dernier, certains exégètes estimaient de bon ton de dire que les miracles évangéliques n'étaient qu'un tissu de légendes. Seuls le procès de Jésus et le récit de sa passion pouvaient prétendre à quelque historicité. Le reste n'était que des épices que les évangélistes avaient ajoutées avec prodigalité et imagination, pour rendre le plat plus appétissant. Qu'en penser ?
Les miracles tiennent une place considérable dans les évangiles, surtout chez Marc. Ce dernier aime les récits pittoresques : 11 % de son évangile sont composés de récits de miracles et, dans les chapitres 7 à 10, cette proportion s'élève à 47 %. Jean rapporte six miracles dans ses onze premiers chapitres, miracles qui fournissent toujours l'occasion d'une longue catéchèse. C'est d'ailleurs ainsi que procède souvent Jésus : sa prédication commence par une guérison ou un exorcisme. L'enthousiasme initial en Galilée ne peut guère s'expliquer indépendamment des miracles. Matthieu construit son évangile d'après un schéma où se succèdent prédications et miracles : c'est ainsi que ses chapitres 5 à 7 sont consacrés à un enseignement immédiatement suivi par des miracles aux chapitres 8 et 9. Chez Jean, il en va autrement : Jésus commence par guérir l'aveugle-né avant de donner une ample catéchèse où Il se présente comme la Lumière du monde. D'abord la multiplication des pains, puis le discours sur le Pain vivant descendu du ciel.
Dans leur prédication, les apôtres se réfèrent spontanément aux miracles de Jésus. Ses adversaires (Hérode, les Pharisiens et les scribes) ne songent pas à en discuter l'authenticité, sans admettre pour autant qu'ils puissent fonder son autorité.
Les miracles ne peuvent donc pas être détachés des évangiles sans que toute leur structure en soit démantelée. (…)
Le vrai sens des miracles
Les miracles ne produisent pas la foi, pas plus qu'ils n'y contraignent. Croire reste l'œuvre de la grâce souveraine de Dieu et de notre libre consentement. A quoi peuvent-ils donc servir ?
D'abord à nous montrer que le Christ est présent et qu'Il nous accompagne au fil du temps. Nous sommes encore comme les disciples du Baptiste, qui demandaient : "Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ?" Et aujourd'hui, Jésus nous répond, dans les mêmes termes : "Allez dire à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles voient…". Il en est autrement aujourd'hui comme au temps de Jésus : la foi des disciples naît après le miracle de Cana, et Jean s'étonne qu'ils ne croient pas alors qu'ils ont vu tant de signes (Jn, 12 37-42). Pierre affirme dans sa première prédication que Jésus a été "accrédité" par ses miracles (Ac, 2 22-24).
Les miracles accomplis par Jésus sur les corps pointent bien plus loin : ils signifient la guérison de l'âme et de l'esprit. Ils sont comme des anticipations des sacrements : ici aussi le corps est touché (baptisé, oint, nourri) pour signifier la grâce intérieure que Dieu offre par son Esprit.
Les miracles sont aussi l'anticipation de la guérison dernière, encore à venir, de l'être humain et du cosmos. Car il viendra, le temps où Jésus ne se limitera plus à dessiller les yeux, à redresser les paralytiques et à ressusciter des morts, mais où Il fera toutes choses nouvelles. C'est alors qu'adviendra la "guérison" plénière et définitive. Les miracles illustrent le "déjà là", mais un "déjà là" encore inchoatif. Ils nous maintiennent debout sur le tremplin de l'espérance. Ils donnent ou restaurent partiellement la vie. Mais un jour se déchaînera la "tornade" de vie qui est dans le Christ et qui mettra fin au "règne de la mort".