Vous retrouverez ici les textes et les prières publiés chaque weekend sur notre feuille paroissiale. Et puis aussi quelques informations sur la vie de nos paroisses. Et, pourquoi pas, un peu d'humour et de détente !
On peut rester très ignorant du contenu de la foi et être un grand croyant, parce que la foi ne dépend pas des capacités intellectuelles ou des connaissances théologiques comme en témoignent bien des enfants ou des personnes limitées dans leur intelligence. Mais cette vérité ne doit pas nous servir de prétexte pour nous dispenser de toute formation. Se former n'est pas un luxe : c'est une nécessité et un devoir.
La profession de foi marque trop souvent le terme de la formation chrétienne. C'est la fin du catéchisme "obligatoire", comme on dit. La plupart des enfants s'arrêtent là. Et nous, adultes, n'avons-nous pas tendance à nous contenter des acquis de notre enfance? Pourtant depuis l'âge de notre profession de foi, nous avons progressé en bien des domaines ! Sans doute avons dépassé le niveau scolaire qui était le nôtre à l'époque. Mais qu'en est-il de notre formation religieuse ?
L'intelligence est appelée à se mettre au service de la foi. Celui qui est très savant en physique ou en littérature mais reste ignorant en matière religieuse est comme coupé en deux : l'homme de la foi et l'homme de la science cohabitent sans se rencontrer. Le risque est grand qu'un jour ou l'autre, l'homme de science ne vienne à considérer l'homme de Foi avec un mépris amusé : "La Foi, ce n'est pas bien sérieux !" Et de rejeter la Foi, en la reléguant parmi les souvenirs d'enfance. Ce risque nous guette tous, même si nous ne sommes pas de grands savants, parce que, redisons-le, nos connaissances, notre réflexion, notre appréhension du monde ont considérablement évolué depuis l'âge où nous avons quitté les bancs du catéchisme.
Pour évangéliser, il est impératif de se former. Evangéliser, c'est annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ : encore faut-il la connaître, au moins un peu.
Qui n'avance pas, recule. Qui ne se forme pas, régresse et finit par oublier ce qu'il savait.
Or, nous sommes tous appelés à l'apostolat, en tant que parents, mais aussi en tant que catéchistes, enseignants, éducateurs, et d'abord en raison de notre vocation de baptisés-confirmés.
Se former permet de mieux apprécier l'ampleur de ce qui reste à découvrir : cela incite à l'émerveillement et à l'humilité. Ainsi, plus on entrevoit les richesses de la Foi, plus on devient capable d'accueillir avec prudence, patience et humilité les bouleversements divers qui peuvent agiter l'Eglise.
Quand on en reste à des connaissances approximatives, on risque toujours de se crisper sur des détails, de s'inquiéter pour des choses qui n'en valent pas la peine, de se tromper de combat, de semer le trouble et la discorde, de refuser les trésors de la tradition chrétienne ou de passer à côté de changements qui sont de réels progrès. Tant d'a priori, tant de préjugés ont la peau dure !
Se former n'est pas facile, il est vrai. Nos journées sont pleines à craquer. Nous ne savons pas toujours où trouver une formation sûre, solide, adaptée à nos besoins et à nos capacités. Nous redoutons les réunions interminables et les discussions stériles. Nous manquons de courage ou d'humilité. Nous avons pu faire de mauvaises expériences qui nous ont profondément déçus. Bref : nombreux sont les obstacles matériels, spirituels et psychologiques.
Si nous regardons les obstacles, il est probable que nous serons tout de suite découragés. Mais si nous voyons à quel point il est important que nous nous formions, si nous confions ce souci au Seigneur, Il saura nous faire découvrir où, quand et comment, nous pourrons grandir et progresser dans la découverte des trésors de la Foi.
Don Vincent Clavery, curé