On nous demande souvent ce qu'il faut penser en tant que chrétien des magnétiseurs, cartomanciennes, thèmes astraux... Durant plusieurs numéros de Notre Vie, nous continuons d'y répondre en reprenant un article du Père Auzenet (Sarthe).
Vous trouverez le début de ce dossier ici (1ère partie) et là (2ème partie).
2.2 Le don de prière pour les malades existe dans l'Église et n’a rien à voir avec la magie
La confusion est grande entre l’action des guérisseurs et l’oeuvre de guérison accomplie par Jésus dans l’Église. C’est pourquoi il est important de proposer quelques balises, pour mieux éclairer les différences entre les pratiques de magie blanche et la vraie guérison divine.
2.2.1 Le don de prière pour les malades n’est pas d’abord centré sur la santé des personnes, mais il accompagne la prédication de l'Évangile
À la fin de l'Évangile selon saint Marc, Jésus ressuscité envoie ses apôtres en mission : "Allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création. Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui ne croira pas sera condamné. Et voici les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en mon nom, ils chasseront les démons, ils parleront en langues nouvelles, ils saisiront des serpents, et s'ils boivent quelque poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades et ceux-ci seront guéris" (Mc 16,15-18).
Jésus ordonne d'abord de proclamer la Parole ; puis il invite à imposer les mains aux malades pour qu'ils soient guéris. Les "signes" accompagnent donc l'annonce de l'Évangile. Ils n'existent pas seuls, mais lorsque l'on proclame le salut en Jésus-Christ.
2.2.2 Il est au service de la communauté chrétienne.
Le don de prière pour la guérison des malades est pour le bien commun. Il ne s’agit pas d’un pouvoir personnel. Celui qui reçoit le don n'est qu'un instrument. Il doit rester très humble, et rendre à Dieu la gloire qui lui revient. De notre côté, il est dangereux de regarder celui qui a reçu ce don de prière comme quelqu'un qui "possède" un pouvoir merveilleux, et d'oublier ainsi de regarder Jésus qui accorde le don. Lui seul guérit.
Si ce don est mis au service de la communauté, c'est un don précieux. Il accroît la foi de la communauté, il réveille ceux qui dorment (!), il revitalise le ministère d'évangélisation, montrant Jésus vivant au milieu de nous.
2.2.3 Il n'a rien d'automatique… et nous laisse désarmés face au mystère de Dieu.
Certaines personnes, qui apparemment ont une grande foi, et même semblent mériter la guérison, ne sont pas guéries. Au contraire, parfois sont guéries des personnes auxquelles on n’aurait jamais pensé… Dieu est un Père plein de bonté. Il compatit à la douleur de ses enfants. C'est pourquoi il guérit des malades. Mais nous demeurons face au mystère de l'amour de Dieu et de son plan pour chaque personne. Il est vrai qu'il n'en guérit que quelques-uns… Mais il offre à tous la guérison définitive : la vie éternelle, où il n'y aura plus ni maladie, ni deuil, ni pleurs. Nous recevons gratuitement la guérison, mais qui sommes-nous pour demander à Dieu: pourquoi guéris-tu untel et pas untel ? On n'est pas guéri parce qu'on le mérite, c'est un pur don de Dieu.
Jésus n'a jamais dit que tous les malades seraient guéris, mais qu'il nous donnerait des signes pour l'évangélisation. Les guérisons sont des signes qui accompagnent l'annonce de l'Évangile, mais il n'est pas nécessaire que tous soient guéris pour qu'on croie à la Parole de Dieu.
2.2.4 Il s'exerce souvent au cours d'une célébration communautaire de prière
Celui ou celle qui a reçu le charisme de prière pour la guérison des malades n'est pas un guérisseur. Il prie pour les malades, et Jésus guérit ceux qu’il veut. Le plus souvent, cette prière se déroule publiquement, au cours d'une assemblée de prière ou après la célébration de l’Eucharistie. La place de la communauté, de l'Église, est importante. C'est à l'Église, à travers l'un de ses membres, qu'est donné le charisme de guérison ; et c'est en Église qu'il s'exerce, et non pas d'abord en privé et de façon individuelle.
Il faut ajouter que la guérison divine peut être reçue aussi à travers le sacrement de l'Onction des malades donné par le prêtre à des personnes malades chez elles, ou au cours de célébrations communautaires de ce sacrement. Désirer ce sacrement, quand on est gravement malade, c’est désirer s’abandonner à la grâce de Dieu, qui vient nous fortifier et nous guérir.
2.2.5 Il concerne la personne tout entière, et pas seulement sa santé physique.
Le ministère de guérison ne se réduit pas à la guérison physique. Il se préoccupe aussi du pardon et de la guérison intérieure.
Si les gens se sentent très loin de Dieu, il faut les aider à se repentir de leurs péchés. Souvenons-nous du paralytique à qui les péchés ont d'abord été remis avant qu'il ne soit guéri (voir Mt 9,1-8). Il n'y a donc pas de prière pour la guérison sans évangélisation.
La guérison du paralytique nous rappelle que Jésus a le pouvoir de pardonner les péchés, et par là même d'en détruire les conséquences. À travers les signes comme les guérisons, le Seigneur vient nous manifester sa victoire totale. Il se montre le Seigneur Vivant aujourd'hui, qui donne la Vie à ceux qui croient en son nom.
Cette réflexion a pour but de nous aider à "faire le tri". Nous vivons une période de grande confusion. Il est bon de discerner où agit l'Esprit Saint, l'Esprit de Jésus, pour mieux l'accueillir, et éviter également de nous fourvoyer dans les pratiques magiques. Nous savons ainsi que nous pouvons demander la guérison, mais à Jésus et à travers la prière de son Église.