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Vous retrouverez ici les textes et les prières publiés chaque weekend sur notre feuille paroissiale. Et puis aussi quelques informations sur la vie de nos paroisses. Et, pourquoi pas, un peu d'humour et de détente !

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Question d'actualité : Légaliser le travail du dimanche ?

Dimanche 13 janvier 2008 - 1er dimanche du  Temps Ordinaire


Une fois de plus, au nom des droits humains, au nom du respect de la liberté religieuse, les hommes et les femmes conscients de l’enjeu doivent combattre cette mesure contraire au bien social.

 (...)

Choisir ses jours de repos et ses jours de travail est séduisant mais c’est oublier que nous ne vivons pas isolés : le lien social nous amène à tenir compte des personnes avec qui l’on vit, le conjoint, les enfants, la famille, les relations amicales, les activités pratiquées avec d’autres, la place du « dimanche » dans la société française.

Il y a aussi les changements de situation personnelle ou familiale qui peuvent, du jour au lendemain, nécessiter un nouveau rythme de travail : sera-t-il négociable ?

– L’affirmation que, seuls les volontaires travailleront le dimanche, est un leurre. La loi du marché s’imposera et, devant la menace de perdre son emploi, aucun salarié ne pourra échapper au travail du dimanche.

– La perspective d’un double salaire est intéressante pour le salarié mais ne justifie pas que ce dernier se « vende » car c’est la justice qu’il faut établir et non la perspective de gagner plus en sacrifiant ses droits légitimes. Cet argument du salaire ouvre la porte à des abus qu’en priorité commettront les grandes entreprises. C’est déjà le cas puisque certaines enseignes très connues préfèrent ouvrir le dimanche et payer une amende : le bénéfice est toujours plus grand que l’amende !

– L’employé est supposé être « volontaire »... cette supposition rassure mais ne tient pas dans la réalité. Comment résister à la pression économique ? Comment se distinguer de tous ceux qui, par peur de perdre un emploi, accepteront ? Quelle liberté possible face à la nécessité de gagner sa vie ?

Personne ne peut être dupe de ce prétendu « volontariat ». Peu à peu il n’en sera plus question : ce sera pour l’employé à prendre ou à laisser.

 – L’organisation du temps ne peut se faire quand, dans un famille et dans une société, personne n’a le même rythme : les enfants scolarisés et ceux qui vivent au rythme des écoles et des études se retrouveront seuls quand les adultes seront au travail. Inévitablement ce sont les personnes défavorisées qui seront contraintes de travailler le dimanche parce qu’elles sont en situation précaire. Ainsi va-t-on vers un éclatement plus grand de la cellule familiale.

 Il est donc urgent de s’opposer à cette institutionnalisation du travail le dimanche et les jours de fête. Toute société vit d’une mémoire culturelle et religieuse, faire disparaître le dimanche revient à tuer cette mémoire. Le jour de la gratuité, de la convivialité, des activités ludiques, des retrouvailles deviendra un jour « ordinaire ».

 

Cette rapide approche de la question me conduit en tant que citoyen français et évêque catholique à élever une protestation ferme contre ce glissement progressif vers la légalisation du travail le dimanche et les jours de fête. Ces mesures légales semblent, en apparence, respecter la liberté de chacun mais c’est un leurre : dans un contexte économique difficile les salariés n’auront pas le choix : nécessité fait loi ! 

 

Mgr Bernard Ginoux, Évêque de Montauban, le 5 janvier 2008

Extrait du Bulletin Catholique du diocèse de Montauban n°1 du 9 janvier 2008

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