Lundi 9 novembre 2009 1 09 11 2009 10:50

Le mois de novembre, avec la Toussaint, le jour des morts, le 11 novembre, est à juste titre appelé le mois des morts.


Il fut un temps où penser et se préparer à la mort faisait partie de la vie. On mourrait, non pas seul, mais entouré des siens, de ses amis, de ses voisins. La mort faisait partie de la vie personnelle et sociale.


A notre époque au contraire, on a tout fait pour la cacher et l'oublier, tout en montrant, presqu'en direct, la mort de beaucoup d'enfants, de jeunes, d'hommes, de femmes, avec le risque d'en faire une information parmi d'autres, donc vite banalisée et vite oubliée.


Tandis qu'on meurt de plus en plus seul à l'hôpital ou chez soi, tandis que certains prônent la liberté de faciliter la mort des personnes qui le demandent, des efforts magnifiques sont faits pour accompagner les mourants et leur permettre de faire une mort vraiment humaine.


La pensée de la mort reprend place dans notre société, gavée de gadgets de toute sorte, mais qui se dit peut-être que la vie perd son sens si elle se voile les yeux devant la mort.


Penser à la mort n'est jamais agréable, même pour les chrétiens les plus croyants. Mais c'est un progrès. En y pensant, nous retrouvons le sérieux de la vie. Nous nous sentons appelés à tout faire pour éliminer les causes de mort.


Penser à la mort redonne du prix à ceux avec qui nous vivons et aux hommes en général. La pensée de la mort remet à leur juste place une multitude de choses secondaires, pour retrouver l'essentiel. En songeant à la mort comment ne pas nous demander: quel sens a donc la vie ? quel sens faut-il donner à la vie ?


Pour les chrétiens, la mort est douloureuse comme pour les autres. Plus qu'à d'autres, elle leur rappelle que l'humanité n'est pas ce qu'elle devrait être, qu'elle est une humanité cassée, travaillée par des forces destructrices, en un mot marquée par le péché qui est refus de Dieu et rupture d'avec Celui qui est la vie.


La foi leur permet pourtant de la regarder avec l'espérance que mourir peut être vécu comme un passage et comme une naissance à une vie autre, une vie dont nous ne pouvons pas avoir une idée claire, parce qu'elle dépasse toutes nos expériences.


Cette vie donne à la vie présente, souvent banale et monotone, un prix extraordinaire. En commençant à vivre chaque jour de cette vie pleine, nous avons l'assurance que nous ne serons pas seuls au moment de la mort, qu'à l'angoisse de mourir fera suite la connaissance émerveillée de Celui en qui nous avons cru, que nous avons aimé et servi, le Christ et son Père.


En pensant à la mort, ne craignons pas de devenir moins hommes. Penser à la mort est ce qui justement peut rendre notre vie plus humaine et plus digne d'être vécue.

 

Don Vincent CLAVERY

Par Un Paroissien - Publié dans : Le mot du Curé - Communauté : Communauté spirituelle
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